Transcription par Anne Delmas 

Pratique du mouvement sensible : un mouvement vers l’intérieur, pour ensuite aller vers l’extérieur avec son intérieur.

Mouvement et Sacré, quatre orientations

Se relier

Le mouvement vient faire toucher, rencontrer l’intérieur de notre matière. Il touche l’essence de notre être à travers la perception de ce qui fait notre être corporel. On lit dans les Dialogues avec l’ange que le corps est l’amour devenu matière. Au-delà de notre perception tissulaire habituelle, qui a une fonction de support, mais qui nous coupe du sacré, on peut rencontrer la dimension d’universalité de l’être. Se relier, c’est l’espace de la rencontre avec le sacré. « Le sacré, c’est ce qui ne sert à rien ! » , dans le sens habituel de servir. C’est au-delà de la volonté propre. C’est ce qui « sert » lorsqu’on est disponible.

Dans notre pratique, orientée vers la thérapie, vers l’expression, la dimension de se relier est fondamentale. Revenir à cette source pour communiquer son expression individuelle. Se relier sans volonté particulière, c’est le fondement.

Le mouvement pour se soigner

Le mouvement intérieur fait bouger nos immobilités. Il les rencontre et les met en mouvement. Le soin, la guérison, c’est un effet de la rencontre. Dans notre pratique de mouvement, on a une intention : se soigner bien sûr, mais plus largement c’est une intention préventive. On bouge là où ça bouge et là, on emmène ce qui ne bouge pas. Dans la plus grande disponibilité. Entrer là où il y a du mouvement, offrir un point d’appui  et laisser s’éveiller, se réveiller ce qui a besoin de se régénérer.

Le mouvement pour s‘éveiller

Le soin et la guérison viennent par l’éveil.
Le mouvement pour s’éveiller : il ouvre des espaces de conscience, il nous fait rencontrer ce que l’on ne connaît pas encore. Le mouvement procure une grande disponibilité intérieure. Le soin peut devenir une manière de s’éveiller, de vivre l’espace de conscience de soi, dans son corps, dans sa présence intérieure. Le mouvement fait bouger le corps, il permet d’affirmer cet espace intérieur dans l’espace extérieur. De là il conduit à mieux reconnaître sa place dans le monde. Chaque ouverture de conscience à l’intérieur de nous procure une ouverture pour l’humanité, c’est la responsabilité de la présence à soi.

Le mouvement pour s’exprimer

Le mouvement vient éveiller la conscience intérieure pour nous permettre d’exprimer quelque chose d’authentique : exprimer la beauté du sacré, de l’espace découvert. Exprimer ce qui nous traverse et nous touche. Cela nous touche en même temps dans les idées et dans le corps. La beauté dans l’expression, c’est une qualité d’écoute qui se transmet. Lorsque nous nous exprimons en mouvement, en nous laissant conduire par le mouvement intérieur, nous avons le monde entier dans nos bras.

Dans le mouvement, on touche la dimension ultime du sacré, mais on vit en même temps la dimension individuelle. C’est tout cela qui est là, c’est le lien universel à travers l’expression particulière de l’individualité. Là se trouve la dimension d’humilité. Il n’est pas toujours facile de se relier à l’universel, mais il est parfois encore moins facile d’accepter notre individualité avec toutes ses spécificités comme vecteur d’expression de la beauté du monde. L’humilité est la voie de passage de notre individualité.

Le sacré, c’est cette écoute, mais la responsabilité de l’expression fait aussi partie de notre identité d’être humain. Ce qui vit dans l’expression, c’est le corps. L’ego, c’est une idée, une création mentale. C’est une idée de soi, ce sont des pensées coupées du corps, coupées de la perception. Accepter que le mouvement soit là, l’accueillir, en développer la conscience, c’est entrer dans le mouvement de la vie.

{backbutton}